Pourquoi nous utilisons la méthode EBIOS pour analyser les risques cyber chez nos clients
- 24 févr.
- 4 min de lecture

La gestion des risques ne se limite pas à la cybersécurité. Elle est avant tout un outil de pilotage stratégique. Toute organisation est exposée à des incertitudes : risques financiers, opérationnels, réglementaires, réputationnels, humains ou technologiques.
Gérer les risques ne signifie pas les éliminer, cela signifie faire des choix éclairés :
Quels risques sommes-nous prêts à accepter ?
Lesquels devons-nous réduire ?
Lesquels pouvons-nous transférer ?
Où concentrer nos ressources limitées ?
Sans méthode structurée, la gestion des risques devient rapidement intuitive, fragmentée ou purement documentaire. À l’inverse, une approche rigoureuse permet d’aligner les décisions de sécurité avec les priorités stratégiques et les capacités réelles de l’organisation.
Dans un contexte où les menaces cyber se professionnalisent, où les exigences réglementaires se renforcent et où les systèmes d’information deviennent toujours plus interconnectés, la gestion des risques cyber ne peut plus être approximative. Elle doit être structurée, contextualisée et orientée métier.
C’est dans cette logique que nous utilisons la méthode EBOS Risk Manager pour définir et analyser les risques cyber chez nos clients.
Qu’est-ce que la méthode EBIOS ?
EBIOS (Expression des Besoins et Identification des Objectifs de Sécurité) est une méthode d’analyse de risques développée par l'ANSSI.
Sa version actuelle, EBIOS Risk Manager, propose une approche moderne, centrée sur les scénarios de menace, les objectifs métier, et les sources de risque réelles.
Contrairement aux approches purement techniques, EBIOS permet d’ancrer l’analyse dans les enjeux stratégiques de l’organisation : continuité d’activité, image, conformité, dépendance aux prestataires, protection des données sensibles, etc.
L’intérêt majeur de la méthode réside dans sa capacité à :
Mettre en lien les risques cyber avec les impacts métier concrets
Prioriser les actions de sécurité en fonction des scénarios les plus crédibles
Faciliter le dialogue entre équipes techniques, direction et métiers
Structurer une démarche cohérente de cyber-résilience
Les grandes étapes de la méthode EBIOS Risk Manager
La méthode s’articule autour de cinq ateliers structurants.
Étape 1 – Cadrage et socle de sécurité
Cette première étape consiste à définir le périmètre étudié, les objectifs métier critiques et les événements redoutés. On identifie également le socle de sécurité existant, c’est-à-dire les mesures déjà en place.
L’objectif est de poser un cadre clair et partagé, et d’éviter une analyse hors-sol.
Étape 2 – Sources de risque
On identifie ici les acteurs susceptibles de porter une menace : cybercriminels, concurrents, activistes, insiders, prestataires, États, etc.
Il ne s’agit pas de dresser une liste théorique, mais de déterminer quelles sources de risque sont pertinentes au regard du contexte du client (secteur, exposition, dépendances, attractivité).
Étape 3 – Scénarios stratégiques
Cette étape permet de modéliser comment une source de risque pourrait s’en prendre à l’organisation, en exploitant ses dépendances (fournisseurs IT, infogérance, cloud, partenaires).
C’est souvent à ce stade que les vulnérabilités liées à la chaîne de valeur et à l’écosystème numérique apparaissent clairement.
Étape 4 – Scénarios opérationnels
On descend ici à un niveau plus technique. Pour chaque scénario stratégique jugé crédible, on analyse les modes opératoires possibles : compromission d’un compte, exploitation d’une vulnérabilité, ransomware, exfiltration de données, sabotage, etc.
Cela permet d’évaluer concrètement la vraisemblance et la gravité des scénarios.
Étape 5 – Traitement du risque
Enfin, nous définissons et priorisons les mesures de sécurité à mettre en œuvre. L’approche n’est pas de multiplier les contrôles, mais de cibler ceux qui réduisent réellement les risques les plus critiques.
Les recommandations peuvent porter sur :
l’architecture,
la gouvernance,
la détection,
la réponse à incident,
la gestion des accès,
la résilience,
ou encore la contractualisation avec les prestataires.
Pourquoi cette approche fait la différence
L’un des apports majeurs d’EBIOS est le meilleur alignement entre la direction, les métiers et l’IT.
En structurant le risque autour des impacts métier concrets, il devient compréhensible par les décideurs. Le risque n’est plus un sujet technique abstrait : il est objectivé, priorisé et pilotable. Cette mise en visibilité permet d’arbitrer plus sereinement, d’optimiser les investissements sécurité et d’inscrire la gestion du risque dans une logique de performance et de maîtrise des coûts.
EBIOS n’est pas une révolution conceptuelle : elle s’appuie sur les bonnes pratiques existantes. Sa valeur ajoutée réside dans son caractère pratique et guidé. Là où les normes expliquent principalement ce qu’il faut faire, EBIOS structure le comment à travers des ateliers concrets, progressifs et orientés décision. Elle facilite ainsi la mise en mouvement opérationnelle des organisations. Toutefois, EBIOS Risk Manager est pleinement compatible avec des standards comme ISO/IEC 27005 ou d’autres référentiels de gestion des risques.
Enfin, la méthode reste flexible et adaptable au contexte et à la taille de l’entreprise. Adopter cette approche stratégique dès le départ est, selon nous, un facteur clé de maturité. Dans un environnement où les ressources sont limitées (ou doivent être justifiées), cette rigueur permet de prioriser efficacement les actions réellement structurantes et d’éviter la dispersion des efforts.
Entamer cette réflexion stratégique, même à petite échelle, est souvent le point de bascule entre une cybersécurité subie et une maîtrise durable du risque cyber.
Une approche au service de la cyber-résilience
Au-delà de l’analyse de risques, EBIOS est un véritable outil d’aide à la décision. Il permet aux directions générales et aux comités de pilotage d’arbitrer en connaissance de cause. Quels risques accepter ? Lesquels réduire ? Lesquels transférer ?
Dans nos missions, nous utilisons EBIOS non seulement pour produire une cartographie des risques, mais surtout pour construire des feuilles de route pragmatiques, alignées avec la stratégie IT et les capacités réelles de l’organisation.
Dans un monde où l’attaque n’est plus une hypothèse mais une probabilité, structurer sa démarche avec une méthode reconnue comme EBIOS n’est plus un luxe. C’est un prérequis pour passer d’une cybersécurité réactive à une véritable stratégie de cyber-résilience.




Commentaires